« La science est une culture » by Les Vulgaires

Les vulgaires

Encore un nouveau truc à la sauce On est révolutionnaire

Encore des malpolis qui d’un regard effacent l’existant

Illusion. Ils sont autres que cela.

Et si j’essayais de vous conduire à ce qu’ils sont ?

Installez-vous, j’ouvre le livre de route.

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Lille is science, un label de plus ?

 

Voilà plusieurs mois que l’équipe lilloise de Pint of Science se démène pour implanter ce festival dans la capitale des Flandres. Et moi, et moi qui n’avais qu’une peur : que vous ne croyez pas en cette venue… Je commence à croire que penser la culture scientifique comme une culture comme les autres, ce n’est pas juste un espoir. Et mieux encore, je pense qu’il est possible de faire quelque chose ensemble pour propulser la science locale.  Les acteurs de la recherche, les chercheurs sont là, éparpillés dans la région Nord – Pas de Calais Picardie. Il suffirait de tirer des cordes entre ses points. Pas si simple bien sur. A moins d’importer le concept echosciences ?  L’idée de la map agenda est attirante, du « réseau social des amateurs de sciences et technologies » peut être un bon point.

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Ce visuel est (très) moche, je ne suis qu’une bidouilleuse d’Indesign.

Ce qui pourrait être davantage orgasmique ? Avoir un label de la science locale. Une sorte de #LilleIsScience qui permettrait d’unifier l’action, et surtout de pouvoir l’identifier rapidement. Mon rêve ? Que les événements scientifiques deviennent aussi populaires que ceux de Lille 3000. Forcément, il faudra passer par de la popscience, véritable arme moderne pour convaincre que la science peut être inclut dans nos vies comme une série télévisée. A ce jour, le type d’icone de la popscience pourrait s’appeler Manon Bril.  Là, si vous la connaissez vous grimacez : « une fana de l’histoire mythologique en icone de la popscience? ».  En dehors que ce soit une femme, (oui je pense qu’on ne réussit pas que parce qu’on est un homme ou une femme mais parce qu’on a du talent et quelques petites autres choses…) elle propulse une discipline boudée des sciences habituelles. Le tout avec des vidéos propres et délicatement scénarisées.

Si vous l’avez compris, l’atout majeur du partage de la science ce sont ceux qui la font : les chercheurs. Dépoussiérer l’image de la blouse blanche est nécessaire. Toutefois une autre quête est plus primordiale à mon sens : aider les chercheurs qui veulent partager leurs recherches, leurs connaissances à le faire. Parce qu’au final nous pouvons nous démener autant de fois que nous le voulons, ils sont les mieux placés à parler de science. C’est à cela que servirait le label : à valoriser, à soutenir les chercheurs qui pensent (la diffusion de) la culture scientifique comme importante dans l’intérêt commun. Ce label serait un indicatif pour le grand public : « ah un chercheur s’investit » et une aide pour le chercheur en question qui pourrait avoir accès à des coachings, des aides etc.

La région imaginera t-elle un jour aboutir à ce genre d’initiative ? Bonne question. Quoi qu’il en soit, en tant que coordinatrice de Pint of Science à Lille, je vous promet que je ferais mon possible pour mettre les chercheurs et la science de la région en avant !

PS >> Pour ceux intéressez par Pint of Science, sachez qu’il y a une soirée de lancement le 22/04 dédiée à la science de la bière. Les places s’envolent vite, inscrivez-vous !

 

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EnDirectDuLabo, l’expérience en 140 caractères

A 15 mois d’existence, le compte Twitter @EnDirectDuLabo, créé par Sébastien Carassou, possède plus de 3500 followers au compteur ! Ce succès provient notamment de son fonctionnement participatif (emprunté à @RealScientists, la version australienne) : chaque semaine, un chercheur prend en main @EnDirectDuLabo et partage sa vie, son sujet d’études et ses aventures au sein de son laboratoire. Pendant une semaine, la communauté de l’oiseau bleu leur pose un milliard (nombre évidemment imprécis et sans doute exagéré) de questions.  Il y a un an, j’ai posé quelques questions aux sept premiers intervenants de cette folle aventure. Comment ont-ils vécu ce moment ? Qu’attendaient-ils de cette semaine ? Comment leurs supérieurs ont-ils réagi face à cette initiative ? En ce début d’année 2016, je vous offre leurs retours.

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Pint of Science Lille, mon nouveau challenge

Lorsque j’ai proposé d’implanter le festival international de science Pint of Science à Lille, je n’ai absolument pas réfléchi. Et pour cause, j’avais déjà passé de nombreuses heures à cogiter.

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Faites mousser la science ! © Pint of Science France

« Lille, officiellement capitale provisoire de la région, est riche de ses lieux et acteurs liés à la science. Combien de laboratoires, de centres, d’instituts de recherche ? Beaucoup. De passionnés ou curieux de science ? Beaucoup. Combien de lieux où le grand public peut approcher et dialoguer avec des scientifiques ? Trop peu.  Que faire pour contourner cela ? Comment démystifier la science ? Comment montrer aux gens que la science n’est pas si compliquée si quelqu’un vous explique et que, aux dernières nouvelles, ce n’est toujours pas criminel d’expliquer ? »

Evidemment, initier Pint of Science Lille est un véritable défi. Un challenge fou. Pint of Science est un concept qui fonctionne très bien en France et ailleurs mais prendra-t-il à Lille ? Les scientifiques, le public ou même les potentiels partenaires et sponsors, répondront-ils à notre appel ? Il est trop tôt pour répondre à ces questions. Mais j’y crois, quoi qu’il arrive, j’y crois. Et j’essaie de tout mettre en œuvre pour que cela ne soit pas qu’une croyance, mais une réalité. En effet, peu à peu, je constitue un réseau, je m’entoure de personnes merveilleuses et je me remémore l’aventure folle lancée avec ma chère Taïna Cluzeau. Finalement la seule chose qui m’effraye, c’est que vous ayez trop peur de la science pour croire en nous, pour croire que vos questions peuvent avoir des réponses, que votre curiosité peut s’émerveiller lors d’un tel événement. Renverser cette image est plus qu’une motivation, c’est un moteur assez puissant pour faire dévaler une Formule 1 ou éclairer quelques champs de connaissances inaccessibles. Alors, vous êtes partant pour croire à l’association Lille + partage de culture scientifique ?

Si vous l’êtes, vous pouvez bien sur suivre l’événement sur les réseaux sociaux. Mais vous pouvez aussi et surtout nous aider dès à présent : l’équipe Pint of Science Lille se veut au plus proche de sa ville d’accueil, de son public. Voilà pourquoi nous vous proposons de nous faire part de vos thématiques scientifiques préférées à travers deux petites questions :

Mille mercis à vous, n’hésitez pas à nous contacter (pintofsciencelille@gmail.com) si vous avez des questions, si vous voulez nous aider…

Théorie de la saucisse, curiosités & culture de science

Au détour d’un One science man show, Fabrice Riblet du Jardin expérimental a attiré ma curiosité. Cet homme débordant d’idées et d’enthousiasme façonne autour de lui un monde inédit de vulgarisation. Chacune de ses expériences se fonde sur un phénomène du quotidien en vue de doucement vous amener à penser que « c’est incroyable de pouvoir comprendre » !

One science man show avec Fabrice Riblet, Cité des Sciences, mars 2014 © NJoly
One science man show avec Fabrice Riblet, Cité des Sciences, Paris, mars 2014 © NJoly

 « Vous saviez qu’une patate, ça déforme l’univers ? », lance un homme cheveux en bataille, en blouse blanche. L’univers, ce drap noir tendu par des visiteurs de la Cité des sciences et de l’industrie à Paris, prend la forme d’une cuvette lorsqu’une pomme de terre est jetée à sa surface. « Tout à l’heure, le drap était tendu, l’univers était plan, la bille se déplaçait en ligne droite. Et là, à cause de la patate, les choses changent. Si la bille se déplace assez vite sur l’univers, elle échappera à l’influence de la patate. Mais si je la lance tout doucement dessus, elle sera attirée vers la déformation patatoïde. » Après quelques nouvelles explications, les assistants d’un jour rangent le drap. « Vous avez vu, à l’origine le drap était bien plié, là il est tout en désordre. L’univers aime le désordre. » Alors que le médiateur s’empare de collants pour créer un trou noir, je ne peux que relever sa maîtrise de la vulgarisation. Je suis curieuse de connaître sa vision des choses sur le sujet. Mais pas maintenant, non, là, trop de monde admire des éruptions solaires dans un bécher.

Quelques jours plus tard, le monsieur aux expériences magiques et fascinantes acquiert une identité précise. Il s’appelle Fabrice Riblet. Il est cofondateur avec son épouse Édith Muller, du Jardin expérimental, sous-titré culture des sciences. Le jeu de mots entre jardin et culture m’amuse. Comme pour les plantes, il faut du temps pour qu’une idée prenne place et s’épanouisse auprès des spectateurs. Depuis 2008, le Jardin est sans filet. Les époux gèrent seuls leurs activités et s’adaptent aux demandes. « Imaginez qu’on décide de planter des petits pois. Et puis un jour quelqu’un nous demande des ananas. Sauf que ça ne pousse pas ici. Alors on instaure un système avec des serres pour les ananas. Et les petits pois, on en fait quoi? On les garde dans un tiroir en attendant », image Fabrice Riblet. Au total, le Jardin cumule 60 projets et autres prestations animées par la transmission d’un savoir.

« La curiosité, l’interrogation infantile », voilà les moteurs du professionnel de la médiation scientifique. « Beaucoup de personnes schématisent ou vivent avec des aberrations. C’est une évidence, les gens ne voient plus les choses. Comme le fait de dire que les flamants roses sont roses parce qu’ils mangent des crevettes… grises. Oui bien sûr c’est dû aux crevettes, mais qui sait qu’une transformation des crevettes dans leur estomac, un peu comme ce qui se passe lors de la cuisson des crevettes, en est la cause ? Il manque souvent le mot juste dans les explications…»

Je ne suis pas un flamant gris. #Confession  © NJoly
Je ne suis pas un flamant gris. #Confession © NJoly

Et pourtant, aucune censure n’existe. Le monde aujourd’hui ne manque pas d’informations. Au contraire, elles débarquent dans votre vie, comme ça, sans vraiment vous demander, par le biais de la télévision, d’affiches, de prêcheurs de bonne parole ou de pop-up sur votre écran. La médiation scientifique est différente. Selon Fabrice Riblet, elle se fonde sur la théorie de la saucisse. Là, les théoriciens s’affolent. Qu’est-ce que c’est que cette théorie ? C’est répondre à la question : pourquoi acheter de la saucisse à un salon gastronomique ? « Parce que lorsque vous venez de vous-même devant un stand, vous y êtes confronté. On vous met un bout de saucisse dans la bouche : la démarche est intrusive. Mais c’est là que vous vous rendez compte de la deuxième partie de la théorie : la saucisse est bonne », explique Fabrice Riblet. Et si, vous aimez, c’est parce qu’il s’agit d’un produit de bonne qualité… et simple. « Si vous dites que votre saucisse est agrémentée de piment d’Espelette, de soja avec un soupçon d’origan, ça ne marchera pas. Et puis en troisième partie, il faut quelqu’un pour raconter une histoire autour du sujet. La saucisse est produite avec la chair de mes cochons élevés avec amour, avec du bon foin que l’oncle a coupé l’été dernier. »

Et ça fait mouche. Le public est touché. Mais est-ce que tout le monde peut comprendre ? « Tous les hommes ont un domaine d’excellence, on a tous des compétences magnifiques et d’autres qu’il faut faire progresser. Moi, par exemple, je ne sais pas tailler une haie. Si je le fais, ça sera plutôt assimilable à de l’art qu’autre chose », rit Fabrice Riblet. « Pour que les gens comprennent absolument tout, il y a deux possibilités. Soit on les envoie sur les bancs de la fac pendant huit ans fois 40, c’est-à-dire trois siècles – on estime que pour tout connaître sur tout, il faudrait être expert dans 40 domaines différents. Soit on transforme le langage complexe en langage du quotidien ». Et par là, il veut dire utiliser des images pour illustrer des modèles scientifiques. « Attention, l’image ne doit pas être trop proche de la réalité, sinon il y a aura un amalgame entre les deux. Le public doit constater les limites de l’image. » Pour donner la notion d’atome, il dégaine une plaque de chocolat qu’il découpe en morceaux jusqu’à ne plus pouvoir. Il ne se préoccupe pas des histoires de protons, neutrons ou de Mendeleïev. « On doit mettre des limites dans ce que l’on va dire et bien définir le lexique qu’on utilise. »  Autrement dit, il faut s’assurer que le public s’arrête sur les mêmes définitions. « Si je parle de vide à des étudiants, ils peuvent penser au vide d’une bouteille, au vide lié au vertige ou d’autres concepts alors que je pense au vide cosmique ! Ce n’est pas criminel d’expliquer de quoi on parle. »

Contournement d’aberration à la mode d’Andy Wharol © NJoly
Contournement d’aberration à la mode d’Andy Wharol © NJoly

 Quoi qu’il en soit, « le Jardin expérimental ne fonctionne comme personne. Regarder ce que font les autres, c’est risquer d’être influencé. » Bien sûr, Fabrice Riblet glane au fil des rencontres de nouvelles graines à faire pousser dans son jardin. Avec un peu de « flotte, de savon et de chou rouge », il sort des chemins battus sans imposer un regard particulier. Le cultivateur de science semble heureux. Des questions foisonnent, des solutions fleurissent. Ce ne sont pas des tours de magie avec de grands sorts et pleins d’étincelles, non. Simplement un phénomène du quotidien qui se révèle à vous. Voilà le secret : fournir des faits et donner le pouvoir de comprendre, redonner confiance à l’humain qu’il peut faire de grandes choses et aimer la science sans même s’en rendre compte.

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Partez pas si vite ! Pour une promenade dans le Jardin expérimental, cliquez sur l’escargot.

Le journalisme est-il une science ?

Voilà qu’un lecteur, qui désire rester anonyme, m’interroge : « le journalisme est-il une science ? ».

Ma pensée s’oriente aussitôt vers le non. Comment le journalisme, même scientifique, pourrait-il être une science ? Le métier consiste à transmettre une information à un lecteur quel qu’il soit. Le journaliste n’étudie pas une discipline en vue de répondre à des questions encore laissées dans l’ignorance. Il interroge ceux qui ont accès aux données ou sont à l’origine de celles-ci. Le journaliste est un pont entre l’actualité et le citoyen.

La fabrique à articles telle une science © N Joly
La fabrique à articles telle une science © N Joly

Une question apparaît : pourquoi et comment ce lecteur est-il parvenu à se demander une telle chose ? Il y aurait-il confusion autour de la notion de la science ? Si la science regroupe de nombreuses disciplines, tout n’est pas inscrit en tant que science. Notre amie Wikipédia, qui a ouvert Le Petit Robert de 1995, voit la science comme une connaissance, comme « ce que l’on sait pour l’avoir appris, ce que l’on tient pour vrai au sens large, l’ensemble de connaissances, d’études d’une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondés sur des relations objectives vérifiables [sens restreint] ». L’objet, le domaine pourrait être l’actualité, la méthode serait liée aux techniques journalistiques. Le journalisme scientifique serait ce que l’on sait de la science, la science de la science. Cette mise en abîme me perd. Je suis pourtant sure et certaine : j’écoute les chercheurs, essaye de comprendre leurs recherches et diffuse une science vulgarisée, je ne fais pas de science à proprement dit, le journalisme n’en ai pas une. 

Pourquoi cette confusion? Parce qu’il existe de la recherche faite sur le journalisme ? Ou alors est-ce la considération des sciences autrefois qualifiées de « molles » telles que les sciences humaines et sociales qui serait liée à l’explication de ce bouleversement dans certains esprits? Rien n’est sur. Absolument rien même. Chacun est libre de se poser les questions du monde entier. « Il n’y a pas de questions bêtes ».  L’interrogation est humaine, elle révèle une curiosité. Et l’on ne peux tout savoir sur absolument tout. Alors pourquoi s’attacher à trouver une réponse à chaque question ? Nul ne le sait. Quoi qu’il en soit : science ou pas, poser des questions en journalisme, c’est plus que permis.

[Billet de présence]

Ailleurs dans l'herbe jaune -  N. Joly
Ailleurs dans l’herbe jaune – N. Joly

Voilà longtemps que les mots ne se sont pas ancrés ici.

Ceci n’est pas une excuse.

C’est un doux billet glissé entre vos mains.

Une attention entre deux étages pour vous dire : je vous prépare un article inattendu. Le témoignage d’une seconde. Une seconde en retard un soir d’été.

Sauf qu’évidemment, il faut du temps pour courir à contre courant.

Alors promis, le temps d’attraper le train, je vous disperse bientôt, un aperçu d’une avant-première, d’un p’tit robot deuxième version et quelques autres pépites de science.