Un dimanche, deux conférences, deux univers.

 

Dimanche 6 novembre 2016.

10h30, je grimpe les marches du théâtre Sébastopol à Lille.  Le hall est plein. De nombreuses personnes badgées CitePhilo saluent chaque arrivant. Je suis la foule qui pénètre dans la salle de spectacle.

Déjà beaucoup de sièges sont pris par des dizaines de cheveux grisonnants. Je ne viens pourtant pas pour assister à un concert d’une star des années 80, non. Je ne me suis pas inscrite à un club de bridge en balade, non plus. Une table drapée de noir avec trois micros pose le décor : je suis à Cite Philo, le cycle de conférences s’étalant pendant trois semaines sur la région hauts de France.

Ce matin, il s’agit de parler des enjeux éthiques des greffes de main et de visage. Un chirurgien, Pr Bernard Devauchelle, mènera la danse de la parole face au fabuleux philosophe Martin Dumont.

C’est ma curiosité pour la question « Comment être soi avec l’organe (visible) d’un autre? » qui m’a surtout poussée ici. Aussi, j’étais curieuse d’assister à une conférence dans un tel lieu.

Je n’ai pas été déçue tant du sujet, que du public que de l’ambiance générale. Bien que totalement Old School, c’était agréable de se plonger dans un événement populairement académique.  Autrement dit, les codes d’une conférence académique étaient présents mais en mode c’est dimanche.  Je me demande à quel point le partenariat avec l’Université Populaire de Lille a influencé cet événement.

 

18h30, les portes automatiques du Muséum d’histoire naturelle à Lille s’ouvre devant moi.  Le vigile vérifie mon sac, il sourit. D’habitude je lui aurais demandé si c’était le bordel dans un si petit sac ou l’amas de paquets de mouchoirs (sinusite aiguë oblige) qui lui a provoqué cette réaction. Mais non, ce soir, j’ai autre chose en tête :  aller à une conférence dont le sujet me surplait au cœur d’un endroit culturel inhabituel pour moi. En effet, ce soir Aurélien Barrau, astrophysicien, tentera d’apporter des éléments de réponse sur la thématique « De la vérité dans les sciences ». Question que je me pose depuis plus d’un mois dans le cadre de la conception d’événements prévus pour 2017 ( je vous en parlerai en temps et en heure, promis).

Me voilà face à de nombreuses chaises installées en plein hall du musée et déjà pas mal prises par … un public très varié (en genre, en âge) en apparence. De quoi satisfaire la partie de moi qui désire voir un public varié aux événements (de culture) scientifiques grand public. A quoi est-ce du? Il va me falloir assister à davantage de conférences du cycle pour me faire une idée plus objective.

Quoi qu’il en soit, cette conférence d’Aurélien Barrau sur la vérité en sciences était une véritable réussite.  D’ailleurs je n’étais pas à une conférence mais à un moment de partage. Comme si un dimanche soir, j’étais allée dans une librairie écouter un conteur lire une histoire. Une merveilleuse ambiance douce et propice à ce genre d’intervention créé par les lumières indirectes et diffuses, l’esprit cocon, la disposition du public dans un endroit pas disposé à l’origine pour cela. Sans parler des deux dinosaures qui veillaient sur le bon déroulement de l’événement et du talent oratoire d’Aurélien Barrau.

Après, ceci n’est qu’un avis, qu’une vision des choses. Si tout le monde pensait la même chose, alors nous ne serions pas humain.

Bref. Hier je suis allée à Cite Philo et je compte récidiver parce qu’une conférence ce n’est pas toujours la même chose. Les éléments autour, le contexte modifient l’aspect global.  Et que dans mes recherches actuelles (de proposer des événements hyper cools pour vous, cher grand public) j’adore observer ce que le monde propose déjà. (Et que bien sur les sujets de CitePhilo m’intéressent, je suis humaine souvenez-vous, je vais pas aller me torturer à des confs pour faire des mots fléchés.)

 

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