Philae se pose sur la comète

Des camionnettes de chaînes télé sont stationnées sur le parvis de la Cité des sciences et de l’industrie. Une foule s’empresse de passer les portiques. Les yeux pétillent. Que se passe t-il? Mercredi 12 novembre, « on se pose sur la comète ».

C’est aujourd’hui. Après des dizaines d’années, la célèbre sonde Rosetta va larguer l’atterrisseur Philae sur Tchourioumov-Guérassimenko, une comète à l’allure de canard en plastique.

L’événement est magique. Il déplace les foules. En cause : imaginez qu’on envoie une sonde, qui en se laissant porter par les champs gravitationnels de planètes, parvient à rejoindre une comète et à déposer à sa surface, presque exactement là où le désire les ingénieurs, un concentré de technologies. C’est comme trouver une aiguille dans une botte de foin, c’est impensable mais possible !

Le suspens est intenable. Philae s’est décroché de Rosetta. Il est en chute libre pendant sept heures. Il est peut-être posé sur la comète. Quoi qu’il arrive il faut attendre 28 min après l’atterrissage : le temps que le signal parvienne à la Terre. De nombreux spécialistes profitent de ce temps d’angoisse pour éclairer le public sur les détails de la mission. La comète n’est pas qu’une boule de neige sale, c’est une structure sombre assez légère dont s’échappe de la vapeur d’eau et du dioxyde de carbone.

La comète est très froide, Rosetta a sondé -70°C à sa surface. En réalité, ce n’est en rien froid. En effet, il faut se souvenir que la comète se situe à 510 millions de kilomètres de notre planète, bien loin de la chaleur du Soleil.   Et soudain, des cris de joie à la Cité des Sciences et dans le monde. Rosetta a transmis le signal. C’est officiel, Philae est réveillée et posée sur ses pieds.

Est-il accroché? C’est tout le débat de la soirée. Les harpons auraient été déployés mais pas ancrés. Philae aurait atterri deux fois comme après un petit rebond. Mais sans harpons tiendra t-il? Après tout, il n’y a pas beaucoup de gravité sur la comète. Il y a t-il un risque que dans la valse de la comète, Philae se perde dans l’univers ? Beaucoup de questions auxquelles, moi terrienne, je n’ai pas la réponse (n’hésitez pas à m’éclairer si vous le pouvez).

Toutefois, ce matin, les nouvelles rassurent. Les premières images sont parvenues. Philae a déployait ses panneaux solaires, il peut alimenter ses batteries depuis le noyau de la comète. Le suspens se poursuit : quels seront les premiers résultats que nous transmettra l’atterrisseur ? Il y aura t-il quelques molécules organiques, quelques traces de vie ? À suivre…

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Bébé Philae va faire ses premiers pas

Petite vie terrestre. Que seront les hommes dans des milliards d’années ? Que penseront-ils de la population actuelle ? Et s’ils comprenaient autre chose? Comment les activités de ce millénaire seront-elles perçues? Étudieront-ils le monde ? Que se cache t-il derrière l’univers ? Comment l’homme est arrivé sur Terre?

La réponse à toutes ces questions tient en une seule chose : une machine à explorer le temps. À défaut d’être capable de voyager dans une autre temporalité, l’homme peut analyser les objets qui ont traversé les âges. Et puisque la folie est incluse, pourquoi pas aller creuser la surface d’une comète située à 510 millions de kilomètres de notre planète ? C’est justement l’objectif de Philae.

Philae. Ce nom résonne en vous. Vous l’avez entendu quelque part. Lors de votre dernier voyage en Egypte sans doute ? Vous ne pouvez quand même pas avoir manqué la destination phare du pays ? Si ? Et bien, ce n’est pas grave puisque ce n’est pas de cette Philae dont il est question, mais plutôt de l’atterrisseur de la sonde interplanétaire Rosetta.

Allô la Terre, ici Philae © N Joly
Allô la Terre, ici Philae © N Joly

L’attente a duré 10 ans, le temps que Rosetta s’approche de la comète 67P Churyumov-Gerasimenko. Une décennie pour avoir la confirmation : Philae va pouvoir se poser sur une comète. Et pas n’importe où ! Le petit atterrisseur va se poser sur un site nommé Agilkia, en référence à un ancien temple égyptien de l’île Philae. Mais avant cela, Philae fera une chute de 22 km depuis Rosetta. Le tout à un peu plus de 3km/h, de quoi aller boire un café pendant sept heures. Et puisque le suspens ne sera pas suffisamment à son comble : il faudra attendre de nouveau une demi heure avant de recevoir le signal de Philae « je suis bien arrivé, bisou ».

Dès lors, le robot pourra déployer ses instruments et fouiller le sol Churyumovien. La question « de quoi est fait le noyau de la comète ? » prendra tout son sens. Enfin si Philae ne fait pas des cabrioles lors de son atterrissage… Certaines probabilités établissent que le petit robot peut rebondir à la surface de la comète et ne pas s’y ancrer tel que prévu. Ça serait vraiment dommage d’avoir traversé l’univers pour finir en débris de l’espace !

>> Ce 12 novembre, suivez l’atterrissage de Philae sur le site Agilkia en direct depuis les réseaux sociaux : sur mon compte @NadegeJoly & sur les hashtags officiels #CometLanding & #PoseToiPhilae

And More

Une autre histoire d’exploration spatiale : « Allô la Terre, ici Curiosity, cette fois c’est sur, Mars était habitable ! », 12/01/14

Lorsque l’ATV ne veut pas reproduire Gravity & permet à l’ISS d’éviter un débris, un article du @CNES, 03/11/14

Philae se posera sur Agilkia, EnjoySpace, 04/11/14

Voyage spatial avec Hidden Universe

Mesdames, messieurs. Vous prenez place à bord de la Géode de Paris. Préparez-vous à vivre, en avant-première, une aventure extraordinaire. Les narrateurs, Greg Poole et Jonathan Whitmore, deux astronomes passionnés d’étoiles et de galaxies, semblent bien déterminés à vous faire vibrer devant de sublimes images du film Hidden Universe.

Paris s’obscurcit peu à peu, il est 19h. La Cité des sciences et de l’industrie s’apprête à s’endormir. Sa voisine, la Géode va, quant à elle vibrer encore quelques heures. Ce soir, cette sphère quasi trentenaire  de 36 mètres de diamètre n’attend que vous, passionnés d’étoiles, de galaxies, de monde et d’Univers.

Le monde prend place et commence à lever le nez vers la surface intérieure de la géode.

Comment va-t-elle nous faire découvrir davantage de secrets de l’univers que ce que diffuse les agences spatiales sur la toile ou encore les astronomes et astronautes sur Twitter ? Elle le peut. Le comment gâcherait un peu la surprise. Sachez simplement que « c’est un film parfait pour la morphologie de la géode »,  comme le commente Laurent Dondey,  directeur général de la Géode.  La curiosité et le suspens augmentent encore un peu lorsque Claudie Haigneré, présidente d’Universciences, débute une prose digne de Beaudelaire. L’oratrice pose les faits. « Ce film d’exception est fort. Il répond avec talent au besoin de représenter le monde céleste. Plairait-il aux astronautes ? Sans doute oui. Hidden Universe fait découvrir la passion d’un grand nombre de professionnels.»

Il est temps. Le noir et le silence tombent à l’intérieur de la géode. La Terre débarque doucement au-dessus de nous. Elle, notre planète, nous montre toute sa splendeur. Il parait que voir la Terre dans son intégralité provoque chez les astronautes un syndrome d’Overview.  Comme un bouleversement total, une prise de conscience ultime : nous sommes petits et fragiles sur une planète tout aussi petite et fragile dans un Univers si vaste.

La balade, que dis-je, l’envol spatial se poursuit. Les planètes et satellites paraissent si réels, si détaillés. La voix de Jonathan Whitmore nous guide à travers le système solaire pour s’arrêter sur l’une des passions de l’astronome : le Soleil. L’étoile parait gigantesque. Des éruptions fusent dans tous les sens. Il est là, celui qui éclaire nos vies.

Notre cœur vibre au rythme de la puissante bande son. Nous y sommes là-haut dans un « véhicule improbable nous emportant », souffle Claudie Haigneré. Mais tout ceci n’est pas une simple animation ou un quelconque montage. Ce sont des résultats issus de télescopes uniques au monde : le Very large telescope (VLT) et l’Atacama large milimetter array (ALMA). Des technologies de pointe implantées dans des milieux extraordinaires et surtout des milieux qui semblent fait pour l’observation spatiale. L’atmosphère du Chili est très pauvre en humidité. La nuit, l’obscurité est quasi-totale. Un endroit parfait pour admirer ce qui est au-dessus de nos têtes : « un ciel merveilleux transparent », confie Patricio Hales, ambassadeur du Chili en France.

Cette immersion dans l’Univers va plus loin que n’importe quelle autre illustration, photo ou vidéo présente sur le web. Les découvertes ne sont pas de simples faits posés devant vous, elles sont un partage que la science fait avec vous.

Toutes ses images majestueuses n’existeraient pas sans son réalisateur Russell Scott ni sans l’ingéniosité de son équipe qui a su tourner dans d’extrêmes conditions.

Alors si vous ne savez pas quoi faire à partir du 15 octobre, laissez-vous doucement porter vers la Géode, prenez place et vivez simplement ces 45 minutes d’ailleurs.

> Merci au CNES, à Matheo & à Sébastien Carassou pour l’invitation, à Patricio Hales pour nous avoir fait découvrir son pays, le dés(s)ert et le pisco.

Livraison express pour l’ISS !

Amarrage  ATV 5 -ISS © CNES
Amarrage ATV 5 -ISS © CNES

 

Mardi 12 août, notre ami ATV-5 va rencontrer les astronautes de l’ISS. Le maître de cette opération est Alexander Gerst.

Dès 14h30, je serai en direct de la Cité de l’espace de Toulouse pour suivre l’amarrage de l’ATV avec les ingénieurs du CNES.

Vous aussi, suivez l’événement depuis le live du CNES sur YouTube et/ou le LiveTweet via le hashtag #ATV5.