Dose animale de science

Voici une dose de science en trois news. Parce que les petites choses font parfois les grandes choses.

1/ Nouveau regard sur la toile

Des chercheurs du MIT s’intéressent à l’architecture de vos toiles. Ils aimeraient adapter le design de chaque conception bioinspirée à base de soie en fonction de l’usage. Qu’en pensez-vous ?

Madame Araignée – «  Enfin ! Jusque-là, ils ne comprenaient pas que mon talent n’est pas simplement de produire un bout de fil merveilleux. Si mes toiles perdurent et demeurent fonctionnelles à travers le temps, c’est parce qu’il faut considérer l’ensemble des paramètres. La taille de la toile, le nombre de fils, leurs épaisseurs, leurs longueurs, leurs dispositions… ce n’est pas la même chose si la bête à capturer est une pauvre mouche ou un frelon ! J’ai eu un milliard d’années pour me perfectionner, je sais de quoi je parle. Alors les voir avec leurs machines optimiser la production de toiles synthétiques, cela me fait bien rire !  »

2/ Le Spinosaurus, un adversaire de taille pour le T-Rex

Le spinosaure, roi des dinos carnivores ?
Le spinosaure, roi des dinos carnivores ?

Quel crâneur ce spinosaure ! Depuis qu’un fragment de crâne a démontré que ce carnivore serait plus long de 3 m que le T-Rex, – son adversaire dans le film Jurassik Park 3 qui mesure 14 m –, Spinosaurus pavane dans les musées en tant que plus grand prédateur des temps anciens. Mais en dehors de ses intrigantes épines dorsales et de son impressionnante mâchoire, le spinosaure n’aurait pas une allure de carnivore. En effet, le paléontologue Nazir Ibrahim a étudié la marche de celui-ci grâce aux squelettes retrouvés de l’espèce. Résultat, le plus grand prédateur des dinosaures se déplacerait à quatre pattes à la manière d’un crocodile. De quoi renverser le mythe des carnivores debout sur leurs pattes arrière. Et cela ne s’arrête pas là, le spinosaure ne se nourrissait pas de poissons en les attrapant avec sa patte tel un ours mais bel et bien en piquant une tête dans les rivières. Mi-aquatique, mi-terrestre, le spinosaure bouscule les connaissances actuelles dictant des dinosaures exclusivement terrestres. Alors Spinosaurus, t’es vraiment plus fort ou tu veux juste défier le T-Rex ?

3/ Vision sur-mesure pour la chauve-souris

« Tu as repéré quelque chose à manger ? », demande une pipistrelle à sa congénère chauve-souris. « Attends j’essaye de zoomer… », répond t-elle. En pleine nuit, l’ingénieur Pavel Kounitsky et ses collaborateurs observent les chauves-souris sauvages à l’approche d’un tunnel. Celles-ci émettent des séries d’ondes non audibles pour l’homme, des ultrasons. L’écho produit leur permet de localiser avec précision obstacles et proies. Munis de caméras hautes vitesses et de microphones à ultrasons, les scientifiques enregistrent et analysent les ondes de ces mammifères. En fonction de ce qu’elles veulent ‘voir’, les chauves-souris ajustent la forme et la durée des pulsations. Cette liberté est due à leur capacité de modifier la forme de l’orifice émetteur des ondes, leur bouche. Et ce, en même pas douze millisecondes ! Ainsi lorsqu’elles ne perçoivent pas quelque chose – ou lorsqu’elles approchent une zone confinée, comme l’entrée d’un tunnel –, elles concentrent toute leur énergie et ‘zoome’ en ouvrant davantage leur bouche. Au contraire, elles peuvent aussi disperser les ondes et percevoir un champ plus large. Très rapidement leur sonar naturel s’adapte quelle que soit la situation. De quoi rester bouche bée !

Sources : Qin et al. Science (2015) // Ibrahim et al., Science (2014) 345 (6204): 16131616// P Kounitsky et al. (2015) PNAS doi:10.1073/pnas.1422843112 

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Fœtus à bord

Depuis le Miocène, il y a environ 40 millions d’années, Eurohippus messelensis n’est plus de ce monde. Cette espèce à l’allure d’une chèvre-tapir avec une tête d’une souris-cheval, ne dépasse pas les 7kg à la pesée. À priori, pas de quoi émerveiller le peuple en dehors des rayons du muséum d’histoire naturelle. Mais voilà, l’un des individus découvert sous les terres allemandes par l’institut de recherche Senckenberg a surpris les scientifiques lors du passage sous IRM. Dans l’utérus de la jument siégeait une structure inconnue qui se révéla être un fœtus ! En dehors du crâne, le corps du fœtus demeure en bon état, ses os sont toujours parfaitement articulés.

*Votre qualité ? **Surprise à l'intérieur  © N Joly
*Votre qualité ? **Surprise à l’intérieur © N Joly

C’est la deuxième fois dans l’histoire qu’un placenta issu du fossile d’un mammifère peut-être étudié – le premier datait de 160 millions d’années. La taille du petit et la présence de dents de lait indiquent que la gestation était à terme lors de la mort du fœtus et de la mère. Néanmoins, la position droite et haute dans l’utérus et non basse avec les jambes devant laisse supposer que le mécanisme de mise bas n’était pas déclenché lors de la mort des deux êtres.

La conservation exceptionnelle du fossile serait due à la position géographique de la trouvaille. En effet, Eurohippus messelensis se reposait sur le site de Messel. Cet ancien lac possède aujourd’hui des schistes bitumineux faisant écho à des couches sédimentaires pouvant rapidement recouvrir et protéger les fossiles des bactéries et de l’oxygène, deux agents capables de déformer, métamorphoser voire détruire l’ensemble de l’organisme enterré. Dans ce milieu anaérobique, sans oxygène, une bactérie contribue également à la préservation des corps.  La dégradation des peaux, muscles et tissus par celle-ci, produit de dioxyde de carbone qui aussitôt précipite l’oxyde de fer présent dans l’eau. Ces oxydes métalliques, lorsqu’ils se déposent sur les os, noircissent alors la teinte du fossile et l’entoure d’une couche protectrice. Voilà pourquoi, l’endroit fournit de nombreux fossiles très bien conservés et donc de nombreuses données sur l’évolution des mammifères et de l’Homme.

And More

L. Franzen et al., Society of Vertebrate Paleontology, (2014)

Qui a tué les moas ?, 30/03/14

L’humanité a-t-elle tué les moas ?

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Selon de récentes recherches, ces grands oiseaux coureurs ont disparu de la planète à la suite de la colonisation de la Nouvelle-Zélande.

L’ensemble des neufs espèces de moas – du genre Dinornithidæ – ont disparu des terres de Nouvelle-Zélande à la fin du XIIIe siècle. L’extinction de ces grands oiseaux coureurs, qui pesaient en moyenne 200 kilogrammes, coïncide étrangement avec l’arrivée de l’homme sur les îles de l’océan Pacifique. Dans un premier temps, les scientifiques, … Lire la suite…