Xénobiotique, c’est automatique

Xénobiotique. Ce mot est étrange. Il semble compliqué et pourtant il est accroché à votre quotidien et parfois même à votre corps, à vos cellules. Un xénobiotique est une substance que votre corps ne produit pas de lui-même, que vous n’ingérez pas pour vous nourrir et qui pourtant est là dans votre organisme. Ce squatteur se cache derrière deux noms : les pesticides et les médicaments. Si l’un à l’air plus sympa que l’autre, tout deux peuvent s’avérer toxiques pour l’organisme.

Phénomène curieux, seuls les produits naturels sont toxiques. Évidemment certains produits fabriqués en laboratoire peuvent aussi l’être s’ils contiennent des substances naturelles. En réalité, c’est la manière dont le xénobiotique interagit avec l’organisme qui le rend toxique. La substance étrangère se lie à des molécules de l’organisme et les modifie. Cette transformation peut engendrer la mort de cellules par nécrose, un dérèglement du système immunitaire ou un cancer suite à une modification du génome. Toutefois, les scientifiques aiment rappeler que tout, même l’eau, peut-être toxique, ce n’est qu’une question de dose. Plus la dose nécessaire pour engendrer des effets néfastes est faible, plus le composé est toxique.

La commercialisation du xénobiotique  © N Joly
La commercialisation du xénobiotique © N Joly

D’ailleurs si vous avez décidé d’empoisonner quelqu’un (bien sur, vous n’allez empoisonner personne, c’est une supposition qui n’aura jamais lieu), vous y songerez : une dose minimale pour un effet optimal. En effet, l’empoisonnement est du à l’administration en une fois d’un xénobiotique à une dose fatale voire létale, on parle de toxicité aigüe. Il existe aussi la toxicité subaigüe. Elle décrit une absorption régulière pendant un mois d’une substance qui affecte certains organes. L’alcool ou la cigarette sont les exemples les plus courants. Néanmoins le tabagisme, surtout à titre passif, prend souvent une autre forme de toxicité dite chronique qui s’avère bien plus dangereuse pour l’organisme puisque la période d’administration est prolongée.

Malheureusement, les xénobiotiques c’est automatique, on ne peut pas vraiment s’en protéger à moins de boycotter les antibiotiques et tout médicament, de ne plus respirer dans une zone fumeuse, de porter un masque contre le plomb, l’amiante et tout autres substances merveilleuses.

Nanopores : l’avenir des batteries ?

Chez les internautes, il existe deux grands fléaux : ne plus avoir de batterie et ne pas avoir d’accès wifi. Si pour le wifi, l’individu dépend de son environnement, c’est une autre histoire pour la batterie. L’idéal serait que nos technologies survivent des semaines sans devoir se relier à la vie, comprenez à la prise électrique. Ou alors il faudrait une batterie de secours. Cela existe déjà bien sur. Toutefois elles sont encore bien trop encombrantes. Il faudrait qu’elles soient plus performantes, plus petites, plus ingénieuses.

Crise d'énergie lors d'une confèrence © N Joly
Crise d’énergie lors d’une confèrence © N Joly

C’est dans cette voie de miniaturisation que des chimistes et physiciens de l’université de Maryland se sont aventurés dans la conception d’une batterie innovante. L’idée est d’associer des millions de nanopores entre eux pour constituer une structure capable de retenir l’énergie. Pourquoi ça fonctionnerait ? Parce que les nanopores qu’ils utilisent sont des petits trous, au sein d’une feuille de céramique, capables de transporter une charge électrique d’une nanoélectrode à une autre. Autrement dit, comme dans une pile classique, c’est le transfert d’électrons, des petites charges négatives, qui permettent d’actionner l’engrenage nécessaire au stockage d’énergie sous forme chimique.

La nano structure issu de ces travaux est encore à l’état de prototype. Néanmoins, cette avancée dans la miniaturisation des composants de stockage d’énergie semble prometteuse. En effet, les millions de nanotubes sont identiques. Ensemble ils forment une batterie très efficace – elle se charge en 12 min et peut être rechargée des milliers de fois – et ultra minuscule, de l’ordre d’un grain de sable. Si de manière générale, le concept est déjà surprenant, les scientifiques imaginent une version dix fois plus puissante. Reste à déterminer un procédé de fabrication à grande échelle pour commercialiser cette nanomerveille !

C. Liu et al. Nature Nanotechnology (2014)

Conus tue !

Après « la Girafe pue ! » de la désormais célèbre So, voici le beau, le puissant, le tant attendu :

le Conus tue !

Conus Soldat  ©  Almed2
Conus Soldat © Almed2

C’est pas parce que j’m’appelle conus et que j’ai une tête d’amphore égyptienne que j’ai l’air d’un con. Bon d’accord  y a pas de fenêtres dans ma coquille donc j’ai pas la lumière à tout les étages. Mais si tu le répètes, j’te plante mon dard dans ta gueule. T’as pas d’gueule ? C’est pas grave j’en ai tué pour moins que ça. Même que les humains ont sortis leur boîte à calculer : tout ça pour dire que sept fois sur dix, votre espèce ne fait pas le poids face à mon venin carrément mortel. Et sinon? L’homme est raide dingue de moi, il m’arbore sur sa poitrine quand il parvient à m’achever. Bon bon, prenez pas la grosse tête.  Moi je m’en fiche de vous, seule la nuit m’intrigue. C’est d’ailleurs à ce moment là que j’aime presser la gâchette. Ma fidèle radula, un harpon qui manque pas de dents, embroche vers, mollusques et même poissons assez fou pour s’aventurer dans mes parages. Bien sur, j’adapte l’arme  en fonction du bonhomme en face. S’il me semble appétissant, je lui fous une pichenette assortie d’un petit cocktail de toxines paralysantes sur le nez. Par contre s’il m’embête, là je sors l’artillerie lourde. La loi de la mer, mec : pour survivre, faut savoir alterner défense et attaque. C’est que j’ai pas la chance de ce fourbe serpent ou de cette crâneuse d’araignée : personne n’a peur d’un coquillage !”

 

 

 

> Exercice made in ESJ Lille, rendre ce communiqué de presse plus fun & sexy.

Giraffa, ma fiole d’ivresse

Ceci est issu d’un exercice made in ESJ Lille : rendre une étude scientifique sexy grâce à l’humour. 

 

Giraffa, mon amour © Laurent EVEN
Giraffa, mon amour © Laurent EVEN

 

Votre chat ou votre chien a des puces ? Frotter le à une girafe ! (Attention : Sophie la girafe n’est pas une vraie girafe.)

Vous n’avez pas de vraie girafe à la maison?

Allez au zoo ou contactez les chercheurs à l’origine de ce bon plan. Ceux-ci sont en effet parvenus à flairer d’étranges capacités, notamment killeurs de bactéries, tireurs à gages de champignons et chasseurs de parasites. Tout cela se dissimulait dans de minuscules échantillons de poils de girafe passés dans une machine capable d’effectuer, comme les chimistes le disent si bien, une chromatographie en phase gazeuse couplée à une spectrométrie de masse. Bref, des pics sortent de la bête en format A4. A un ensemble de pics correspond une molécule qui se balade dans l’échantillon étudié. Résultat de l’arrachage sauvage : nos amis, les Giraffa Reticula, ont des poils pleins de composés à l’odeur plus que formidable -l’indole- et on ne peut moins toxique -le scatol- .

L’un a une odeur de matière fécale.

L’autre, dérivé de l’indole, intoxique bovins, moutons, chèvres et brûlait entre vos lèvres jusqu’à son interdiction dans les cigarettes et tout autre produit en France.

Mais ne nous arrêtons pas là, votre mammifère de compagnie n’en a que faire de ces histoires qui ne manquent pas d’odeur.

Bouchons-nous le nez et plongeons un peu plus profondément dans l’analyse. Surprise, des aldéhydes, cette famille de molécules qui impose un -al final à ces membres tels qu’heptanal, octanal, nonanal ou encore benzaldèhyde (voilà un rebelle qui a pas écouté les consignes) et quelques acides dont la chaîne carbonée est aussi longue que le cou d’une girafe, se cachent entre les envahissants indoles.

Ces petits derniers seraient capable d’établir un périmètre de sécurité où micro-organismes et bêbêtes au nom barbare comme arthropodes ectoparasitaires se doivent de rester derrière la barrière. 

En quelques mots : de quoi faire fuir puces, tiques et autres sangsues de votre minou ou de votre chien-chien. Voilà, maintenant vous comprenez pourquoi, frottez votre animal à Sophie la girafe, ça ne fonctionne pas .. à moins qu’elle-même se soit frottée on ne sait où !

 

 

 

« Allô la Terre, ici Curiosity, cette fois c’est sur, Mars était habitable ! »

Curiosity, le rover de la NASA, explore depuis août 2012 les sols martiens. C’est en décembre 2013, seize mois plus tard, que d’intéressants résultats parviennent à la Terre. L’environnement de la planète rouge révèle que Mars était autrefois habitable. Cette « découverte majeure » nous rapproche de la réponse à la célèbre question  : la vie a t-elle existée sur Mars ? Continuer la lecture de « Allô la Terre, ici Curiosity, cette fois c’est sur, Mars était habitable ! »

Le développement de l’attrait des femmes pour l’industrie chimique

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La chimie intéresse de plus en plus les femmes – © Texas Science

Seul un tiers des employés de l’industrie chimique sont des femmes. Une légère progression est toutefois observable depuis une quinzaine d’années contrairement à l’ensemble de l’industrie où la place de la femme stagne depuis l’an 2000. L’égalité professionnelle homme-femme est un véritable débat  de société. Comment expliquer ce récent engouement féminin pour l’industrie chimique ? 

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