Un chercheur itinèrant vers les bancs de l’école

Lundi 12 octobre, j’ai assisté à l’intervention de Stéphane Huot*, aka @dastuf, au près d’étudiants du lycée lillois Baggio  au sujet de l’interaction Homme – machine. Il n’y est pas allé par hasard mais à l’occasion de l’initiative « Chercheurs itinérants » du centre de recherche Inria Lille dans le cadre de la Fête de la Science.

Dévoiler le monde de la recherche est vraiment important. Mais que faire lorsqu’il est difficile pour un établissement de déplacer ses étudiants sur place ? Retourner la situation, ouvrir les portes des collèges et lycées aux scientifiques en vue de partager le goût de la science à travers des travaux de recherches concrets certes, mais surtout amorcer une rencontre avec le scientifique est une solution qui peut parfois effrayer. Un contre-pied donc qui fait le pari que montrer un scientifique ailleurs, c’est ne pas le déposséder de sa crédibilité, c’est même prouver son caractère humain, au sens que le scientifique n’est pas qu’une blouse et des cheveux en batailles, mais un homme ou une femme avec une thématique de recherche (et pas que, bien sur).

Face à cette version de la Fête de la Science, deux pensées m’inondent. La première sur le vif et enfantine : Mais pourquoi n’ai-je pas eu cela dans mon cursus secondaire ? La seconde, plus posée : l’intervention est nécessairement relative à l’intervenant lui-même. Evidemment c’est une remarque très générale, mais pour captiver un tel public avec un tel domaine c’est plus qu’important. Alors quels ont été les outils de Stéphane Huot ? Un cocktail de bonnes choses : de l’humour, de l’humain, de l’explication, de la technique.

L’humour. Avec une photo de profil à la rockeur, des vidéos drôles ayant pour but de démontrer des concepts très simples, des illustrations de vie personnalisées.

L’humain. Stéphane Huot maitrisait sa présentation et donc s’adressait directement au public, sans notes intermédiaires. Un point demandant une préparation importante certes, mais le résultat n’est que nécessaire en vue d’humaniser une intervention. Impliquer, concerner, interroger, rendre le public actif, se montrer tel quel… autant de petites choses qui cassent les barrières du cours, de la conférence et déploient l’univers de la découverte passionnante.

L’explication. Avec des exemples ciblés, n’appartenant pas forcément au domaine de l’informatique, il est parvenu à expliquer des notions pas nécessairement évidentes pour des non spécialistes.

La technique. Vulgariser un savoir ce n’est en rien le simplifier, c’est simplement le rendre compréhensible en usant du vocabulaire du public. Glisser quelques mots nouveaux, c’est tenter de l’enrichir. Pas n’importe comment non, mais avec un combo virtuel d’explication, d’humain et d’humour pour créer une atmosphère propice. Et là, des formules, des termes complexes deviennent fluides entre vos neurones.

Alors, les chercheurs ont-ils leur place au sein d’établissements scolaires lors de tels événements ? Double oui. Même s’il faut emmener les étudiants sur place, les interventions extérieures sont toujours marquantes quel que soit le niveau scolaire. Je suis persuadée que vous avez un exemple en tête !

>> Merci à Stéphane Huot d’avoir accepté mon intrusion lors de sa présentation.

*directeur de recherche Inria Lille, équipe Mjolnir

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