Fœtus à bord

Depuis le Miocène, il y a environ 40 millions d’années, Eurohippus messelensis n’est plus de ce monde. Cette espèce à l’allure d’une chèvre-tapir avec une tête d’une souris-cheval, ne dépasse pas les 7kg à la pesée. À priori, pas de quoi émerveiller le peuple en dehors des rayons du muséum d’histoire naturelle. Mais voilà, l’un des individus découvert sous les terres allemandes par l’institut de recherche Senckenberg a surpris les scientifiques lors du passage sous IRM. Dans l’utérus de la jument siégeait une structure inconnue qui se révéla être un fœtus ! En dehors du crâne, le corps du fœtus demeure en bon état, ses os sont toujours parfaitement articulés.

*Votre qualité ? **Surprise à l'intérieur  © N Joly
*Votre qualité ? **Surprise à l’intérieur © N Joly

C’est la deuxième fois dans l’histoire qu’un placenta issu du fossile d’un mammifère peut-être étudié – le premier datait de 160 millions d’années. La taille du petit et la présence de dents de lait indiquent que la gestation était à terme lors de la mort du fœtus et de la mère. Néanmoins, la position droite et haute dans l’utérus et non basse avec les jambes devant laisse supposer que le mécanisme de mise bas n’était pas déclenché lors de la mort des deux êtres.

La conservation exceptionnelle du fossile serait due à la position géographique de la trouvaille. En effet, Eurohippus messelensis se reposait sur le site de Messel. Cet ancien lac possède aujourd’hui des schistes bitumineux faisant écho à des couches sédimentaires pouvant rapidement recouvrir et protéger les fossiles des bactéries et de l’oxygène, deux agents capables de déformer, métamorphoser voire détruire l’ensemble de l’organisme enterré. Dans ce milieu anaérobique, sans oxygène, une bactérie contribue également à la préservation des corps.  La dégradation des peaux, muscles et tissus par celle-ci, produit de dioxyde de carbone qui aussitôt précipite l’oxyde de fer présent dans l’eau. Ces oxydes métalliques, lorsqu’ils se déposent sur les os, noircissent alors la teinte du fossile et l’entoure d’une couche protectrice. Voilà pourquoi, l’endroit fournit de nombreux fossiles très bien conservés et donc de nombreuses données sur l’évolution des mammifères et de l’Homme.

And More

L. Franzen et al., Society of Vertebrate Paleontology, (2014)

Qui a tué les moas ?, 30/03/14

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