Le Journalisme Scientifique s’apprend

Ce post n’est en rien un jugement, une leçon de morale et encore moins un mode d’emploi. Le journalisme scientifique est vaste. Il n’a nul besoin de moi pour faire sa route. Toutefois, aujourd’hui je décide de bouleverser les codes et d’apporter un avis à l’ensemble.

Beaucoup de textes dont le sujet est scientifique filent sur la toile. Bien sur, Internet provoque une richesse de diversités de contenus, de qualités de rédaction, de sujets abordés etc. Les articles se distinguent en fonction de leur public. Chacun ayant un niveau de lecture différent, il est normal que l’article s’adapte à travers une vulgarisation plus ou moins maîtrisée. Transmettre une information scientifique a un enfant de quatre ans n’est pas la même chose qu’à un spécialiste du domaine ni même à votre mère.

Parfois, l’engrenage se coince. Alors, les dents grincent à la lecture de textes à la visée du grand public. Certains sont inbuvables. Autant sur leur forme que leur fond. Parce qu’à la limite, que l’auteur travaille justement, qu’il accroche son lecteur, détaille les idées et le mène vers une chute mais rate simplement quelques transmissions d’infos, cela reste lisible. Mais un texte sans forme, qui ne transpire aucune technique journalistique et qui en plus se noue les pinceaux avec un jargon hors limite de son lecteur, c’est même plus l’eau qui fait déborder le vase, c’est le vase qui se brise de honte.

Tout cela pour arriver à un point crucial, le journalisme scientifique ne s’invente pas. Il s’apprend. Diverses voies d’apprentissage existent. Evidemment je pense à ma propre formation, un master journaliste scientifique de l’ESJ Lille/Lille 1. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et je dirais même que si une école nous glisse les moyens et outils pour faire les choses correctement, ce n’est qu’un accélérateur (que je conseille ouvertement). Chacun peut se former autrement avec plus de temps. Il suffit de s’entourer des bonnes personnes, d’accepter la critique, d’être déterminé, d’avoir un recul monstre sur le monde et particulièrement sur le rapport science/société. Après tout quelque soit le métier, on peut toujours posséder le savoir, seule l’expérience nous crédibilise et nous apprend vraiment. Moi-même, je ne suis en rien une pro du journalisme scientifique, je ne connais en rien toutes ses ficelles, je ne suis en rien celle qui va vous écrire un article parfait. Disons simplement que j’ai conscience de ce que je dois faire et que je fais au mieux, puisque quoi qu’il arrive je sais pertinemment que mon relecteur a le regard juste pour m’alerter si jamais je noie mon lecteur par inadvertance. Un autre point apparaît : la relecture. Il est important de se faire relire par autrui. Sur un blog, c’est un peu compliqué, voire cela semble absurde. Alors je vous réponds : vous êtes, avec le temps, le plus exigeant relecteur du monde. Encore faut-il avoir en tête les outils de relecture nécessaires. Et nous revenons au point de départ : le journalisme scientifique s’apprend.

Je garde espoir. Un jour, aucun simulacre d’un cours poussé de science, aucun copié-collé de publication, aucun texte inbuvable ne se retrouvera sous les yeux du grand public en mode « servez-vous ».

D’ici là, libre à vous de compléter, critiquer, démonter ce post. Il n’a ni accroche, ni chute, ni rien, ce n’est qu’un mot subjectif posé sur un blog. Est-il destiné au grand public ? Sans doute. Est-il respectueux des règles journalistiques? Oh que non. Arizona est un blog alliant science, mots et insomnie. Ceci est une insomnie, non pas un article scientifique. Très bien, je vous l’avoue, l’insomnie se doit d’être nocturne et non déposée un midi. Et si je vous disais que cette pensée de  » le journalisme scientifique s’apprend, arrêtez de poster n’importe quoi sous le nom d’une rédaction/d’un groupe » me hantait chaque nuit ? Alors vous criez : « mensonge! ». Et c’est là que je glisse ma dernière touche : vous, lecteur, vous demeurez seul juge de ce que vous lisez, n’acceptez pas tout, croisez vos informations. À moins que l’auteur l’ait fait pour vous, et dans ce cas, je le salue vivement. Le journalisme scientifique n’est pas que rapporter une étude, c’est aussi prendre du recul, c’est se dire « oui très bien on me dit ça, mais c’est quoi le contexte, que disent les autres? ».

Je vous invite par conséquent à flâner et à trouver la plume qui vous transmettra une information ni vraie, ni fausse mais juste. Je ne vous donnerai aucune piste de bons ou mauvais lieux de veille scientifique. Je ne donnerai pas non plus les noms d’auteurs d’articles scientifiques ayant nourris ce sentiment de « mais comment peuvent-ils écrire de cette manière? ». Non, je ne ferai rien de cela, parce qu’au fond de moi, je sais qu’au cœur des rédactions, il y a des personnes soucieuses de tout cela et qu’aussi longtemps que la science intéressera, il y aura assez de journalistes talentueux pour contrer ces quelques inconsciences.

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